Projet Educatif



Objectifs:

Le projet éducatif mis en œuvre par Maison des Enfants du Monde a débuté en février 2004, avec l’objectif que les enfants et adolescents vivant dans les bidonvilles de Kampala et dont les familles ne peuvent pas se permettre le coût de l'inscription aient une opportunité de reprendre des études. Il s’agit d’un des projets prioritaires de l'association, étant donné que l'éducation est le meilleur moyen d’aider ces enfants à briser le cercle vicieux de pauvreté et ignorance.

Les objectifs du projet sont ainsi de:

- Faciliter l’accès à l’école primaire et secondaire aux enfants vivant dans les bidonvilles de Kampala et dont les familles aux revenus extrêmement bas ne peuvent pas payer le coût de l’inscription et du matériel scolaire obligatoire.
- Promouvoir la qualité de l’éducation en inscrivant les enfants dans des écoles reconnues pour leur enseignement efficace et de qualité.
- Promouvoir l’inscription des filles dans les écoles primaires et secondaires.
- Sensibiliser les familles des faubourgs et les adolescents à l’importance de l’éducation.


Bénéficiaires:

Depuis le début du projet éducatif en 2004, le nombre d'enfants bénéficiaires n'a cessé d'augmenter, en passant de 32 élèves inscrits en 2004 à 93 cette année académique 2009-2010.
Pour cette rentrée 2009 qui a eu lieu en février dernier, 54 enfants ont été inscrits dans l'école primaire et 39 dans l'école secondaire. De plus, 5 élèves ont fini avec succès leurs études secondaires et ont débuté des études universitaires.

Etant donné que le projet éducatif de Maison des Enfants du Monde a débuté en 2004, certains élèves de secondaire qui avaient commencé le programme sont parvenus à finir leurs études et à s´inscire à l´université.  L´exemple de ces jeunes est très encourageant pour tous les enfants qui suivent le programme éducatif, d´autant plus en Ouganda où seulement une minorité d´étudiants peuvent suivre des études universitaires.

C´est le cas de Rogers Katumba, le premier élève de notre programme à avoir commencé l´université, qui a réussi cette année sa Licence en Sciences Economiques suivie à l´université de Kampala. 
Par ailleurs, cette année 2009, deux élèves suivent des études universitaires en Sciences Sociales, Gabriel Mukyano et Phionah Sessi.
Finalement, deux élèves de notre programme, Roberts Saabwe et Alex Kiggundu , ont reçu une bourse de notre ONG partenaire Enfance Tiers-Monde, afin de suivre des études universitaires pendant 4 ans en Business&Administration à l´Université CIDA de Johannesbourg.

Mode d’action:

Identification des enfants bénéficiaires:
Tout au long de l’année précédant la rentrée scolaire, les éducateurs de Uganda Children Centre identifient les enfants et adolescents susceptibles de reprendre leurs études, en fonction de leur capacité, le nombre d’années qu’ils ont déjà suivi à l’école et le temps d’arrêt, leurs conditions de vie et la situation des familles. Par ailleurs, les éducateurs animent toutes les semaines des ateliers d’alphabétisation dans le centre UCC et dans des petits locaux affectés à cette activité dans les bidonvilles de Katwe et Kisenyi, ce qui les aide à identifier les enfants qui sont prêts à retourner à l'école et les préparer tout au long de l’année. Cette transition est très importante car, pour ces enfants qui ont dû arrêter l’école, il peut s’avérer difficile dans un premier temps de s’adapter et reprendre le rythme scolaire.

Inscription des enfants dans des écoles primaires et secondaires:
Une fois identifiés et ayant suivi les cours préparatoires, les enfants sont inscrits dans différentes écoles primaires et secondaires de Kampala, situées principalement dans les quartiers de Makindye, Katwe et Kiseny. Le choix de l’école se fait en fonction du lieu de résidence des enfants, pour qu’ils ne doivent pas se déplacer pendant de longues distances. Les enfants reçoivent le matériel scolaire et l’uniforme obligatoires ainsi qu’un repas par jour distribué aux écoles.

Suivi de la scolarisation des enfants:
Les éducateurs de Uganda Children Centre supervisent la scolarisation des enfants afin de suivre en détail leur adaptation, leurs résultats et leur évolution. Tous les trimestres, ils organisent une journée d’evaluation, au cours de laquelle ils s’entretiennent avec tous les enfants qui apportent leurs bulletins scolaires. C’est l’occasion pour connaître les difficultés et la motivation des enfants et les encourager dans leur effort.
Par ailleurs, les éducateurs se rendent régulièrement dans les écoles afin de discuter avec les directeurs et professeurs et s’informer sur l’évolution des enfants. Les éducateurs sont les premiers interlocuteurs des écoles, et ils sont convoqués chaque fois qu’un professeur souhaite attirer l’attention sur le problème d’un enfant ou ses difficultés d’intégration.
De plus, les éducateurs visitent régulièrement les familles des enfants dans les bidonvilles afin de les sensibiliser sur l’importance de l’éducation des enfants et qu’elles soient les premières à les soutenir. En effet, étant donné les difficiles conditions de vie dans lesquelles se trouvent ces familles, elles ont parfois du mal à accepter que l’enfant se rende à l’école au lieu de travailler ou aider dans les tâches ménagères.
A la fin de l’année scolaire, les éducateurs organisent une grande journée d’évaluation au cours de laquelle ils revoient avec tous les enfants l’évolution de leur année scolaire.

Information à Maison des Enfants du Monde:
Uganda Children Centre
nous informe régulièrement de l’évolution scolaire de tous les enfants. Ainsi, ils nous remettent chaque trimestre les bulletins des enfants scolarisés pour pouvoir suivre en détail leur scolarisation et nous font part de leurs réunions avec les professeurs, les familles, les journées d’évaluation, etc…



Buget du Projet Educatif
(Par année scolaire/par enfant)

ECOLE PRIMAIRE

Inscription
58 €
(incluant un repas par jour à l’école)
Matériel scolaire
15 €
...
Uniformes
17 €
...
TOTAL
90 €
Ce qui équivaut à 7,5 € par mois



ECOLE SECONDAIRE

Inscription
147 €
(incluant un repas par jour à l’école)
Matériel scolaire
15 €
...
Uniformes
30 €
...
TOTAL
192 €
Ce qui équivaut à 16 € par mois



L'éducation en Ouganda

A) EDUCATION PRIMAIRE

1) Programme Education Primaire Universelle (EPU)

Lorsque le Mouvement National de Résistance (MNR) de Museveni a pris le pouvoir en 1986, l’Ouganda était l’un des pays les plus pauvres du monde et son système éducatif était totalement délabré. En effet, entre 1971 et 1985, le produit intérieur brut avait baissé vertigineusement, et la part de l’éducation avait chuté de 3,4 à 1,4%, chiffre environ quatre fois inférieur à la moyenne africaine.

Après une analyse en profondeur du système éducatif, le gouvernement décida en 1996 de mettre en place un programme d’éducation primaire universelle (EPU), afin de généraliser l'enseignement primaire et le rendre obligatoire à partir de 2003. Ainsi, l’éducation primaire serait désormais gratuite pour quatre enfants dans chaque famille, y compris les enfants orphelins et handicapés.

Pour atteindre ce but, le gouvernement a fait de grands efforts budgétaires. En effet, l’enseignement primaire représente désormais 64% du budget de l’éducation, contre 30% au début des années 90. L’Ouganda, qui ne dépensait que 8 dollars par élève et par an au début des années 80, y a consacré 32,50 dollars au cours de l’année budgétaire 1997-1998.

Le programme EPU a rapidement porté ses fruits. En effet, les effectifs ont augmenté de manière spectaculaire, passant de 2,5 millions en 1997 à 6,5 millions aujourd'hui.

2) Déficiences du programme

Malgré les progrès significatifs de l’enseignement de l’école primaire dans tout le pays, le gouvernement doit encore affronter d’importantes déficiences du système au niveau de la qualité de l’enseignement et au niveau de l’”universalité” de l’accès.

Déficience de la qualité de l’enseignement :

L'enthousiasme avec lequel le pays tout entier a répondu à cette mesure a entraîné de nombreux problèmes au niveau des infrastructures, du personnel et des matériels éducatifs, entravant la qualité de l’enseignement.
En effet, les écoles sont en nombre insuffisant pour accueillir des élèves toujours plus nombreux. Le ratio d’élèves par enseignant est de un pour 63 (contre 37 en 1996) et il n’est pas rare que des instituteurs aient 150 élèves par classe (et cinq enfants par pupitre). A cause de cette surpopulation, de nombreuses familles ont commencé à se tourner vers l’enseignement privé dans les villes, qui est de meilleure qualité.
Pour faire face à cette arrivée massive d’élèves, les autorités ont doublé le nombre d’enseignants, pour atteindre un total de 125.000 instituteurs et fait bâtir 51.203 salles de classe. Le nombre de manuels fournis par le gouvernement est passé de 16.000 en 1998 à trois millions en 1999.

Déficience de l’accès « universel »:

Malgré la mise en vigueur du programme EPU, de nombreux enfants ne peuvent toujours pas aller à l’école primaire. En effet, les droits d’inscription aux écoles primaires ont été supprimés mais les familles doivent toujours payer les uniformes, les livres, les cahiers, le transport... De nombreuses familles vivant dans des conditions d’extrême pauvreté dans les faubourgs des grandes villes et comptant en moyenne plus de 7 enfants ne peuvent pas se le permettre.
Ainsi, malgré l’augmentation de l’accès à l’école primaire, de nombreux enfants ne peuvent toujours pas en bénéficier.

De plus, en comparaison avec les garçons, la scolarisation des filles ne s’accroît que très lentement. Dans certaines écoles en milieu rural, une classe de 20 élèves peut compter 17 garçons et seulement 3 filles. En effet, malgré le programme EPU, les filles assument souvent les tâches ménagères dans la famille dès leur plus jeune âge, et n’assistent qu’aux premières années de l’école primaire.

B) ECOLE SECONDAIRE

Le programme EPU visant exclusivement l’enseignement primaire, seulement une minorité d’enfants peut continuer ses études dans l’école secondaire. En effet, les droits d’inscription dans le secondaire sont très chers, en particulier pour les familles défavorisées qui ne peuvent aucunement se permettre ce coût. En 2002, le taux de scolarisation à l’école secondaire était de seulement 17%. Il est encore plus bas pour les filles (15%) qui sont contraintes d’abandonner l’école secondaire dès les premieres années. Par ailleurs, la scolarisation tardive et les forts taux de redoublement signifient qu’une majorité d'enfants en âge d'aller dans le secondaire sont toujours à l'école primaire.

D’autre part, l’instauration du système de l’Education Primaire Universelle a entraîné une demande croissante pour que les enfants puissent poursuivre leurs études et accéder aux cycles supérieurs du système éducatif. Le fait d’avoir largement ignoré la nécessité d’accroître simultanément la qualité et la capacité d’accueil du secondaire a ainsi créé de graves problèmes et laissé de nombreux enfants hors du système éducatif.

Les adolescents se retrouvent donc un âge crucial de leur développement à travailler, déambuler dans les faubourgs, se prostituer ou se droguer.

Les adolescents en Ouganda représentent une part très importante de la population totale, et il est urgent d’offrir à ces jeunes les aptitudes dont ils auront besoin pour assurer leur participation et leur contribution tant à leur développement personnel qu’au développement national.





Indicateurs d'éducation
PNUD Rapport sur le Développement Humain 2005

Taux d'alphabétisation des adultes (2003): 68,9%
Taux d'alphabétisation des adultes Hommes (2003): 78,8%
Taux d'alphabétisation des adultes Femmes (2003): 59,2%
Taux brut de scolarisation (2001-02): 71%
Ecole primaire: Taux net de frequentation (1996-2003): 87%
Ecole secondaire: Taux brut de scolarisation (2002-2003): 17%
Hommes: 19%
Femmes: 15%

Femmes: 15%