Situation de l’Ouganda

Données

Historique

Problemes actuels

Situation des enfants de la rue

DONNEES
(Source: Rapport sur de Développement Humain PNUD 2005)


SITUATION GEOGRAPHIQUE

Capitale: Kampala
Superficie: 236.040 km2 dont 44.000 km2 de lacs et cours d’eau.
Pays enclavé à plus 1000 km de la mer.
Frontières:
Nord: Soudan, Ouest: République Démocratique du Congo, Sud-ouest: Rwanda, Sud-est: Tanzanie, Est: Kenya.
Pays traversé par l’équateur.


SYSTEME POLITIQUE :

Régime: République
Président: Yoweri Museveni (depuis 1986)
Parti: National Resistance Movement (NRM)


POPULATION:

Population (2003): 26.900.000 habitants
Religions: Catholiques (45%), Anglicans (39%), Musulmans (10%) et divers (6%)
Langues: plus de 30 langues. Principales: Anglais (officiel), Luganda, langues du Niger-Congo, Swahili…
Ethnies principales: Baganda (20%), Karamojong (17%), Iteso (10%), Basogo (10%), Langi (6%), Rwanda (6%), Bagisu (5%), Acholi (4%), Lugbara (4%)
Croissance démographique (2002-15): 3,7%
Espérance de vie à la naissance (2003): 47,3 ans
Probabilité à la naissance de ne pas vivre jusqu'à 40 ans: 41%
Population âgée de 65 ans et plus(2003) : 2,1%
Indice de fécondité (2000-2005): 7,1
Population âgée de moins de 15 ans (2003): 50,4%
Population urbaine (2003): 12,3%
Personnes déplacées (milliers) (2003): 1400

INDICATEURS SOCIAUX :

Indicateur de développement humain 2005: 33ème pays le plus pauvre du monde.
Rang: Développement humain moyen: 144ème sur 177 pays classés.
Population au-dessous du seuil de pauvreté (1990-2002): 55%
Population souffrant de malnutrition (2000-2002): 19%
Taux de mortalité infantile pour 1000 naissances vivantes (2002): 82
Taux de mortalité infantile pour 1000 naissances vivantes (moins de 5 ans) (2002): 141
Population privée d’accès à un point d’eau aménagé (2002): 44%
Population ayant moins d'un dollar par jour (1990-2002): 82%
Travail des enfants 5-14 ans (1999-2003): 34%
Mariage d'enfants (1986-2003): 54%


INDICATEURS DE SANTE :

Insuffisance pondérale des enfants moins de 5 ans (2003): 23%
Enfants moins de 5 ans souffrant d'un retard de croissance (1995-2002): 39%
Nombre de médecins pour 100.000 habitants (1990-2004): 5
Population ayant accès aux médicaments et vaccins essentiels (1999) : 50-79%

SIDA:
Taux de prévalence chez les adultes 15-24 ans (2003): 4,1
Estimation du nombre de personnes vivant avec le SIDA (2003): 530.000
Enfants 0-14 ans vivant avec le SIDA (2003): 84.000
Femmes 15-49 ans vivant avec le SIDA (2003): 270.000
Enfants rendus orphelins par le SIDA: 940.000
Orphelins toutes causes confondus: 2.000.000
Utilisation des moyens de contraception (1995-2003): 23%


INDICATEURS D'EDUCATION :

Taux d'alphabétisation des adultes (2003): 68,9%
Taux d'alphabétisation des adultes Femmes (2003): 59,2%
Taux d'alphabétisation des adultes Hommes (2003): 78,8%
Taux brut de scolarisation (2001-02): 71%
Ecole primaire: Taux net de frequentation (1996-2003): 87%
Ecole secondaire: Taux brut de scolarisation (2002-2003): 17%
Hommes: 19%
Femmes: 15%


ECONOMIE:

Monnaie: Shilling ougandais
PIB par habitant (2003): 249 US $
Dette extérieure totale (2000): 4.077 millions de dollars
PNB per capita (2003): 1,457 US$

Dépense publique (1992-2002)
Education: 15%
Santé: 2,1%
Défense: 26%

PIB:
Agriculture: 57% PIB
Services: 32% PIB
Industrie: 11% PIB

Population active consacrée à :
Agriculture: 80%:
Secteur services: 15%
Industrie: 5%:

Principales productions agricoles: plantain, manioc, patates douces, canne à sucre, maïs, millet, sorgho, café, thé, tabac.




HISTORIQUE

DATES

9 octobre 1962: Indépendance de l’Ouganda du Royaume-Uni
1962-1971: Premier régime de Milton Obote
1971: Coup d’état du Général Idi Amin Dada, Chef d’Etat-major de l’armée
1979-1980: Gouvernement provisoire
Décembre 1980: Deuxième régime de Milton Obote
Février 1981: Guerre civile
1985: Renversement du régime Obote
25 janvier 1986: Museveni prend le pouvoir


Avant la Première Guerre Mondiale, Winston Churchill avait qualifie l’Ouganda de “perle de l’Afrique”, mais les années qui suivirent l’indépendance furent marquées par un véritable bain de sang.

9 octobre 1962: INDEPENDANCE DE L’OUGANDA
Lors de son indépendance, l’Ouganda hérita d’une importante infrastructure que le Royaume-Uni avait développée au cours des années de colonisation: une industrie importante, une université, des hôpitaux…Mais le pays présentait un melting-pot de tribus, religions et divisions politiques qui allaient rendre la tâche du premier régime assez difficile.


1962-1971: PREMIER REGIME DE MILTON OBOTE
Milton Obote tenta durant ses années de gouvernement d’asseoir les assises du nouveau pays.


1971-1979: REGIME DU GENERAL IDI AMIN DADA
En 1971, le Général Idi Amin Dada, Chef d’Etat-Major de l’armée, organisa un coup d’Etat qui mit fin au régime de Milton Obote. Les huit années de son régime furent marquées par la terreur, la répression et l’écroulement de l’économie du pays. On estime que le gouvernement fut responsable de l’assassinat de plus de 300.000 opposants au régime. Toutes les libertés furent supprimées. L’expulsion massive des 80.000 Indiens dont le Royaume-Uni avait favorisé l’implantation en Ouganda, marqua le début de l’effondrement économique du pays. En effet, ceux-ci détenaient l’essentiel de l’appareil de production et dominaient le commerce. Leur retour ne sera autorisé qu’en 1986 par le gouvernement de Museveni.

En 1978, Amin décida d’envahir la Tanzanie, ce qui signifia sa perte. En effet, le Président de Tanzanie Nyerere réagit violemment et repoussa l’armée ougandaise jusqu’à Kampala même, renversant la dictature d’Amin en 1979.


1979-1980: GOUVERNEMENT PROVISOIRE
Un gouvernement provisoire fut alors mis en place avec le soutien tanzanien mais ceci n’améliora guère la situation. Ce gouvernement se caractérisait par son incohérence et ses divisions.


1980-1985: DEUXIEME REGIME DE MILTON OBOTE
Obote étant ami de longue date du Président tanzanien Nyerere, il le persuada de l’aider à reprendre le pouvoir. C’est ainsi qu’en avril 1980, Obote rentra en Ouganda. En décembre 1980, il organisa des élections qui furent grossièrement truquées. Le régime d’Obote se caractérisa également par la violence. On estime que le régime fut responsable d’environ 100.000 assassinats politiques. Ainsi, l’exaspération de la population après toutes ces années de dictature explosa en une guerre civile le 6 février 1981.

Deux organisations de guérilla entrèrent en compétition pour renverser le pouvoir: le Uganda Freedom Movement (UFM), dirigée par Andrew Kayiira et la National Resistance Army (NRA), menée par Yoweri Museveni qui allait peu à peu s’imposer. Museveni était un jeune gauchiste idéaliste issu de l’ethnie des Banyankole. Il avait fui la dictature d’Amin pour se réfugier en Tanzanie. Durant le gouvernement provisoire il avait été Ministre de la Défense, mais opposé au retour d’Obote, il dut retourner à la guérilla. La lutte armée dura cinq ans: de février 1981 à février 1986.

Le régime de Milton Obote finit par s’effondrer en 1985 et une Commission militaire exerça le pouvoir de juillet 1985 à janvier 1986, finalement vaincue par la guérilla de Museveni.


DEPUIS 1986: REGIME MUSEVENI
Lorsque Yoweri Museveni prit le pouvoir par les armes en 1986, l’Ouganda était un pays totalement détruit. Le règne de terreur d’Idi Amin Dada, puis celui non moins sanglant de Milton Obote avaient soumis le pays dans une situation catastrophique.

Le produit national par habitant avait chuté de plus de 6% de moyenne entre 1973 et 1980, et de 2,4% de moyenne entre 1980 et 1987. La production industrielle avait baissé de plus de 12% par an entre 1973 et 1980. L’inflation galopait à une moyenne annuelle de 95% entre 1980 et 1987. Les produits de base étaient seulement disponibles au marché noir. La dette extérieure avec Obote avait doublé depuis 1980, atteignant 1,5 milliards $ 1986. L’infrastructure était totalement en ruine.

Face à cette situation, Museveni mit en place un libéralisme de marché afin de relancer l’économie. Il conclut en 1987 un accord avec les institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale) permettant l’arrivée de l’aide et une première renégociation de la dette. Il réussit ainsi à relancer l’économie qui se traduisit pendant près d’une décennie par une croissance substantielle. En effet, de 1987 à 1992, la croissance atteint 5% par an en moyenne.

Par ailleurs, le gouvernement de Museveni instaura un système original de “démocratie sans partis” qui autorisait des élections libres et contribua à la pacification de la scène politique intérieure. Museveni imposa également le respect des libertés individuelles, d’expression publique et d’association, permettant aux médias de jouir d’une grande liberté d’expression. En 1994, fut lancée la première station de radio privée sur la bande FM. Par ailleurs, Museveni permit le retour de tous les ougandais d’origine asiatique expulsés par Amin Dada.

Finalement, le régime mena une lutte exemplaire contre le SIDA. En effet, dès le début de l’épidémie, le gouvernement lança une campagne de prévention extrêmement efficace et le nombre de séropositifs diminua de moitié en 5 ans.

En définitive, en quelques années, le président Museveni a réussi à sortir le pays de la situation catastrophique où elle se trouvait. Mais malgré ce bilan globalement positif, le régime doit encore affronter de nombreuses difficultés pour redresser le pays qui reste malgré tout très pauvre.



PROBLEMES ACTUELS

PAUVRETE

Malgré les efforts du régime Museveni, l’Ouganda reste un pays pauvre classé par le PNUD le 31ème pays le plus pauvre du monde en 2004.

63,3% de la population ne peut pas gagner et dépenser plus de 25 dollars par mois.
La probabilité de ne pas atteindre l’âge de 40 ans est de 41% (2002).
L’espérance de vie en 2002 est de 45,7 ans.
44% de la population a vécu au-dessous du seuil de pauvreté entre 1990 et 2001.

En ce qui concerne l’économie du pays, la croissance s’essouffle (4,4% en 2000 contre 7% en moyenne les années précédentes), la balance des paiements est déficitaire et l’économie est très vulnérable aux fluctuations du climat international.

L’Ouganda reste un pays très faiblement industrialisé: sa production est centrée sur la transformation de produits importés semi-fini (matériaux de construction, vélos, bière).

En outre, le pays présente des déséquilibres régionaux importants: le cœur démographique et économique se situe dans le bassin du lac Victoria et les régions du Nord et périphériques sont encore plus pauvres.


INSECURITE DANS LE NORD DU PAYS

Au Nord de l’Ouganda, près de la frontière avec le Soudan, sévit un groupe de rebelles, la Lord’s Resistance Army (LRA), qui lutte contre le gouvernement central de Museveni. Le mouvement devint assez fort au cours des années 1990 grâce à l’assistance fournie par le gouvernement soudanais.

La LRA est connue par les enlèvements fréquents des enfants pour les enrôler dans ses rangs. Les enfants sont enlevés très jeunes (entre six et onze ans en moyenne) lors de raids opérés contre leur école ou leur village puis sont emmenés au Soudan où ils suivent une formation militaire. On calcule que 14.000 enfants auraient été enlevés par la LRA depuis le début des années 1990.

Ce n’est qu’en 1999 que la loi octroyant l’amnistie aux rebelles qui rendraient les armes est votée. Les présidents ougandais et soudanais signent alors un accord historique à Nairobi dans lequel ils s’engagent à cesser toute assistance aux rebelles (SPLA pour l’un, LRA pour l’autre). Mais sur le terrain rien n’a changé: les attaques et les enlèvements se poursuivent.

SIDA

L’Ouganda était au début des années 90 un des pays d’Afrique les plus contaminés par le SIDA, ce qui poussa Museveni à déclarer que le SIDA était une catastrophe économique et sociale.

Grâce à la détermination du gouvernement et à sa rapidité de réaction, le taux d’infection du SIDA dans les villes a fortement baissé. En 1992, 16% de tous les adultes étaient séropositifs, en 1996, le taux a baissé à 8%. Ceci a été possible grâce à la mise en place de nombreuses campagnes, l’introduction dans les programmes scolaires de nombreuses activités pour sensibiliser les écoliers au SIDA et des messages médiatiques en direction des jeunes. Tous les experts de l’ONU estiment que l’Ouganda doit être pris pour modèle dans la lutte contre le SIDA par d’autres pays Africains.

Cependant, les ravages du SIDA dans le pays se font encore ressentir, et la lutte doit continuer. En effet, à cause de l’épidémie, l’espérance de vie a reculé de 5 ans au cours des 30 dernières années: elle était de 46 ans en 1970, elle est descendue à 41 ans à la fin des années 90.

Les chiffres montrent que l’incidence du SIDA est encore très importante (Rapport de Développement Humain du PNUD 2004).
La population vivant avec le SIDA est de:
Adultes 15-49 ans (%) 2003: 4,1%
Femmes: 280.000
Enfants: 110.000
Enfants ayant perdu un parent ou les deux depuis les années 90: 1.700.000

De plus, entre 1995 et 2002 seulement 23% de la population a utilisé des moyens de contraception.

Le gouvernement doit ainsi persévérer dans son effort de lutte contre l’épidémie.


PAS DE VERITABLE DEMOCRATIE:

Le système de “démocratie sans partis” a été très efficace au début du régime afin de pacifier la scène politique. En effet, le Mouvement de Résistance Nationale de Museveni se présentait en 1986 comme un gouvernement d’union nationale rassemblant toutes les forces démocratiques. La période de transition devait durer quatre ans, pendant lesquels la compétition politique était suspendue de commun accord entre les partis politiques. Mais en 1990 Museveni déclara que le pays n’était pas prêt pour des élections et qu’un délai supplémentaire était nécessaire pour rédiger une nouvelle Constitution. Pendant ce temps, Museveni écarta les différents partis du gouvernement. Il n’y avait dès lors plus de place pour une opposition.

Dans ce “système de Mouvement”, les partis politiques sont autorisés mais les activités qui y sont normalement liées sont interdites. Par exemple, ils ne peuvent pas se présenter aux élections.

Ainsi, la population commence à réclamer une démocratie réelle qui autorise la participation des divers partis politiques aux prochaines élections de 2006.




SITUATION DES ENFANTS DE LA RUE


Nombre approximatif d’enfants de la rue en 2000 (enfants dans la rue et enfants de la rue) (chiffres du Ministère de la Santé Publique Ougandais)

Ouganda: 8000
Kampala: 4000 dont 1500 enfants de la rue
Mbale: 800
Jinja: 500

Le nombre des enfants de la rue a augmenté au cours des dernières années. Par exemple à Kampala, en 1996, 273 enfants vivaient dans les rues alors qu’en 2000, 1500.

En plus des problèmes que les enfants de la rue doivent affronter quotidiennement, en Ouganda le SIDA et l’insécurité les menacent particulièrement.

SIDA:

Le SIDA a une incidence sur ces enfants de trois manières:

Enfants devenus orphelins en perdant leurs parents décédés de la maladie:

Depuis le début des années 90, près de 1.700.000 enfants ont perdu un parent ou les deux suite au SIDA. Ils se retrouvent ainsi seuls et sont forcés de se rendre dans les rues pour survivre.

Enfants nés séropositifs:

Dû au taux très élevé du SIDA en Ouganda, un grand nombre d’enfants sont nés séropositifs. Ils développent la maladie très vite puisque chez les enfants, et particulièrement dans des conditions aussi insalubres, l’infection du virus progresse rapidement vers la maladie.

Enfants attrapant le SIDA dans la rue:

Dû à leur manque d’information et prostitution élevée, les enfants de la rue attrapent le SIDA très facilement. N’ayant accès à aucun traitement, ils meurent en quelques années de la maladie. Selon le PNUD, 110.000 enfants ont développé la maladie en 2001.


INSECURITE:

Les enfants de la rue sont les premières victimes des enlèvements du groupe de rebelles Lord Resistance Army (LRA), puisque personne ne revendique leur disparition. La LRA les enrôle de force dans ses rangs et les oblige à suivre une formation militaire. Ces “enfants-soldats” sont dès leur capture contraints à assister ou participer à des actes d’une violence extrême afin de les dissuader de fuir.

On calcule que 14.000 enfants auraient été enlevés par la LRA depuis les années 90.